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LES TEMPS QUI VIENNENT de Bérangère de Bodinat

par Tia le Mar 29 Mai – 18:57 Mon avis :

1e impression : je n’ai qu’un mois pour lire ce gros pavé de 6,1 cm de tranche (oui j’ai mesuré !). Effectivement, ce roman a de quoi faire peur. Et pourtant en le feuilletant et en consultant le sommaire, on se rend compte qu’il est très structuré : en effet, il est divisé en 5 parties à peu près égales composées de chapitres d’une dizaine voire d’une quinzaine de pages. Ouf, nous voilà rassuré, on ne va pas être lâché au milieu d’un marasme gluant d’informations qui jaillissent de toutes parts.

La couverture est assez intrigante au premier abord : on peut voir un visage, jeune, assez curieusement androgyne, qui tient devant lui un livre sur les pages duquel on observe d’un côté le Christ crucifié et de l’autre des bribes de mots, insuffisantes pour savoir de quelle langue il s’agit et a fortiori déchiffrer le texte.

Le prologue nous plonge directement dans la perplexité puisque ces deux pages racontent un sacrifice rituel vu par une petite fille. Mais est-ce vraiment un sacrifice ? Ou un meurtre ? Ou plus simplement un rêve ? Voire une prophétie ?

Les premiers chapitres nous permettent de faire connaissance avent les personnages : tout d’abord Arielle de Thal, versée dans l’étude de l’histoire des religions, des rites, du satanisme, capable de percevoir les ombres malfaisantes qui rôdent, et Dante Ibozu, scientifique spécialiste de l’ADN et de l’évolution, décrié par ses collègues. Nous rencontrons aussi Noirange, l’« ogre-araignée », le supérieur d’Arielle et Dante au sein de l’ORV. L’ORV, ou Organisation des Rumeurs Virtuelles, est une organisation créée à l’initiative du ministère de l’Intérieur français pour élucider les affaires autour desquelles rôde le paranormal. Au départ, il se compose d’Arielle, Dante et Noirange (et Luna la secrétaire).
Balthus est un personnage qui n’apparaît que plus tard dans le roman. Arielle a eu besoin de faire réparer son Mac et s’est retrouvée dans la boutique tenue par Balthus. Souffrant du syndrome d’Asperger, il a un QI exceptionnel et une symbiose étonnante avec les ordinateurs.

Peu après la création de l’ORV, le voilà mis à contribution. Une jeune femme, ex-top model, est retrouvée morte entourée de lys blancs, et attachée au 13e pilier du tunnel de l’Alma. Ce même pilier sur lequel s’est encastré la voiture de lady Diana un jour funeste d’août 1997. Autour de la jeune morte, des tags font penser à des rituels sataniques.
Arielle et Dante commencent leur enquête … L’autopsie du corps laisse apparaître un détail étrange : le cœur de la victime a été arraché. C’est une piste à explorer bien sûr, mais ce n’est pas la seule ; en effet, l’entrevue avec le mari de la victime oriente Arielle et Dante dans une autre direction : le contrôle mental (DID).
En parallèle de l’enquête, l’auteur nous livre entre autres des bribes de la vie de Charles Hiéronymus Plantard, personnage assez mystérieux dont les idées sont à l’origine de l’ORV.

Lorsque l’histoire est narrée du point de vue d’Arielle, le narrateur devient interne, alors qu’il est externe à l’histoire le reste du temps. Ceci rend le lecteur plus proche d’Arielle que des autres personnages, comme Dante, d’autant plus qu’on en apprend plus sur le passé d’Arielle, son enfance, ses relations (Anna Pozzi, Sam) … que sur la vie de Dante. A travers le point de vue d’Arielle, qui perçoit les énergies malsaines, l’auteur tisse sa toile ésotérique avec une finesse et une méticulosité qui fait parfois frissonner, révélant ainsi la face cachée et la duplicité de certains personnages.

L’histoire, bien que fascinante, est dense et compliquée. On sent que l’auteur a fait un vrai travail de fond avant d’écrire ce roman puisque les références à des évènements historiques, à des maladies ou à des essais cliniques sont très nombreuses et très complètes. Certains évènements historiques sont vus au travers du filtre paranormal, ce qui les révèle sous un angle assez intéressant et inhabituel, il faut l’avouer … Le style d’écriture est lui aussi très recherché, le vocabulaire est choisi, chaque mot est pesé.

Ce n’est pas du tout le genre de bouquin que vous pouvez lire aisément dans les transports en commun le matin/soir en allant/rentrant du boulot. Ce n’est pas non plus le genre de bouquin que vous pouvez lire si vos enfants piaillent dans toute la maison, non c’est le genre de bouquin qu’on lit lorsqu’on est au calme, afin de bien saisir toutes les nuances de l’histoire.

C’est pour moi un ouvrage d’une très grande qualité : je tire mon chapeau à l’auteur, qui m’a bluffé ! Et je vous conseille fortement de vous lancer dans cette lecture, vous ne le regretterez pas !

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