Claude Seignolle et les Temps qui viennent

 

CLAUDE SEIGNOLLE ET LES TEMPS QUI VIENNENT

Un matin de juin, j’ai eu la surprise de recevoir un appel  d’un auteur qui m’a passionné depuis mon adolescence,  avec l’impression de frôler des forces invisibles et d’ouvrir les portes sur l’étrange… Claude Seignolle, mythique auteur d’histoires fantastiques, magnifique conteur de l’insolite, fascinant passeur de frontières, jeune homme de 95 ans, m’a parlé pendant presque une heure avec une verve et un esprit acéré étonnant des Temps qui viennent, me rendant un hommage troublant. Une amie lui avait fait passer mon livre…

Puis j’ai reçu ce mot daté du 6 juin 2011, accompagné d’un livre de Roland Ernould, Claude Seignolle et l’enchantement du monde, qui va chercher dans les méandres de l’esprit de Seignolle les correspondances nervaliennes, l’enchantement de l’occulte, les replis du temps, la « minute magicienne » et rappelle son conseil, que fort heureusement il n’a pas suivi : « il ne faut pas réveiller les légendes », qui évoque Matheson et K.Dick et ferait une merveilleuse tête de chapitre…

Claude Seignolle m’a autorisée à partager avec vous son message: «  Un grand merci, petite sœur de plume, de m’avoir fait  parvenir votre immense château où, des mâchicoulis aux oubliettes, erre votre pensée combative armurée d’un glaive impératif. Quelle richesse à tiroirs infinis ! et mettez vous à la place d’un lecteur comme moi qui se contente de méditer et de remâcher sans cesse les « situations » populaires les plus simples et si amplement riches d’un héritage séculaire : les écrits premiers que sont les contes et les légendes…mais le moine va essayer de reprendre le fil du temps pour continuer à visiter votre gros ouvrage. Ce travail mérite d’être soupesé à sa juste valeur : l’analyse d’un vaste vertige… Bien sûr, il ne m’a  pas échappé, le clin d’œil à quelques poètes, mes frères dans les temps passés auxquels vous vous accrochez avant de vous livrer à ces monstres de lecteurs critiques, mais jubilants…»

Je poursuivis notre échange, en lui répondant par une lettre du 21 juin 2011 : « Comment vous dire l’émotion de cette rencontre ? Quand vous m’avez surprise avec ce coup de téléphone si enthousiaste et complice, je vous ai dit « vous avez fertilisé mes rêves », j’aurai pu ajouter mille choses, sensations, intuitions, réminiscences… Ce livre que vous m’avez fait l’amitié de m’envoyer est un trésor, il me renvoie à travers vous à des périodes d’inspirations où je m’enfonçais dans le cœur secret des choses, fascinée par leur mystère et leur intensité douloureuse. J’y retrouve mon propre univers onirique, les replis du temps qui ouvrent des rues éphémères, la nostalgie d’un ailleurs perdu dont nous garderions le souvenir et la brûlure de l’exil. Merci pour tout cela, pour votre regard sur mon livre, pour être resté si jeune et perspicace, avec un esprit acéré et tant d’élans. »B

puis, à mon retour d’un voyage en Suède, me parvient de Claude Seignolle cette nouvelle lettre datée du 27 juin : « Oui, je parle souvent depuis mes replis du temps, et de ce fait on ne me comprend pas toujours. Mais vous et moi, partageons ce même climat-en-soi, et notre singularité est de pouvoir trouver une large ouverture vers les autres et de leur donner à rêver à leur tour. Nous ne le faisons pas exprès mais nous savons matérialiser l’instant sur le papier et attraper l’esprit de quelques frères en illusion, ces rêveurs qui s’évadent au cœur des nuages, ces immenses forêts du ciel.

Votre livre pourrait être de ces forêts-là.

Nous nous balançons dans les mêmes vertiges d’écriture, c’est de grand cœur que je suis d’accord avec votre âme pour que vous fassiez savoir au monde entier, et encore plus loin selon nos pouvoirs, combien vous n’avez plus le droit de vous taire en écriture tant votre style sait imprégner le lecteur de ses mystères.

…c’est la Suède qui m’a offert ma première joie d’y être traduit avec « Marie la louve » en 1949. J’ai couché au château de Gosta Berling ; hélas, Selma Lagerlof était morte quelques années avant. Hélas… » Claude Seignolle

La suite à plus tard…

 

 

 

 

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